07.05.2019 Penser dès maintenant à sa santé demain

La plupart des personnes très âgées qui vivent en Suisse sont atteintes dans leur santé et souffrent souvent de différentes maladies. Afin de pouvoir prendre en considération leurs besoins, leur traitement et leur prise en charge doivent être bien coordonnés et planifiés de manière anticipée.

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TODO CHRISTIAN

Rechercher le dialogue : une planification prospective et une bonne coordination peuvent contribuer à préparer la fin de vie.

En Suisse, environ 18 % de la population ont à ce jour plus de 65 ans et cette part devrait atteindre 27 % au cours des prochaines décennies. On peut donc aussi s’attendre à une nette hausse du nombre de personnes atteintes de maladies chroniques, de troubles de l’appareil locomoteur ou de démence. Même si la prévention et la guérison restent essentielles, la priorité pour ce groupe de patients sera la préservation et l’amélioration de la qualité de vie.

Plusieurs mesures lancées par la Confédération vont dans ce sens. Dans ce contexte, l’accent doit être mis sur trois axes de travail :
1)  amélioration de la coordination du traitement et de l’accompagnement des personnes très âgées ;
2)  encouragement de la planification anticipée concernant la santé ;
3)  promotion des soins palliatifs.

Collaboration coordonnée des professionnels
Accompagner et traiter des patients très âgés peut être extrêmement complexe : aux symptômes spécifiques des maladies dont ils sont atteints s’ajoutent des syndromes liés à l’âge tels qu’une fragilité, des troubles de la vision et de l’audition, une sous-alimentation, des chutes avec fractures, des vertiges, une incontinence et la solitude. La dépression, les angoisses et la démence sont aussi considérées comme des symptômes gériatriques. De nombreux patients gériatriques sont fragiles et disposent de réserves physiques et intellectuelles limitées. Une maladie ou un accident peut provoquer des complications en chaîne – qui entraînent la santé du patient dans une spirale descendante. Pour amortir une telle évolution, les professionnels impliqués doivent étroitement coordonner les prestations diagnostiques, thérapeutiques, infirmières et de conseil qu’ils assurent.

L’OFSP a publié une brochure qui présente des cas pratiques typiques afin de transmettre des connaissances gériatriques avec une approche pratique, mais aussi de montrer comment la collaboration se déroule entre les différents groupes professionnels et secteurs.

Les exemples de cas attirent l’attention sur le caractère décisif des tables rondes organisées avec les professionnels concernés pour coordonner la collaboration interprofessionnelle. À l’hôpital, ces discussions sont un instrument clé pour planifier le retour des patients gériatriques dans leur environnement habituel après une hospitalisation.

De plus, les exemples de cas donnés mettent en lumière comment une évaluation gériatrique empêche que les personnes très âgées soient traitées selon une approche spécifique à un organe, comme le seraient des patients plus jeunes, sans prendre en compte le fait que les patients gériatriques sont exposés à un risque de complications nuisant à la qualité de leurs dernières années de vie. Cette évaluation porte sur l’état de santé général et le réseau social. Les interactions entre les médicaments pris sont également contrôlées. Un plan thérapeutique individuel peut ensuite être établi sur cette base.

La planification anticipée est importante
La planification anticipée concernant la santé est importante pour garantir aux personnes concernées qu’elles recevront le traitement médical qu’elles désirent (sans être sur- ou sous-traitées). Cette démarche permet d’évoquer et de consigner de manière anticipée l’évolution possible de la maladie et les mesures souhaitées (ou rejetées), notamment chez les personnes âgées qui sont atteintes de maladies chroniques et ont un besoin croissant de soins. Des procédures et responsabilités claires peuvent alors être définies en prévision de complications ou de situations d’urgence. La planification anticipée offre ainsi une base centrale pour coordonner le traitement et l’accompagnement du patient en fonction de ses besoins et de sa volonté. Cela permet aux membres de l’équipe thérapeutique de mieux travailler en réseau et offre plus de sécurité, y compris aux proches. Il faut donc garder à l’esprit que même si la planification du traitement chez les patients gériatriques est un processus exigeant en termes de communication et de temps, les professionnels de santé ne devraient pas faire l’impasse dessus.

Sur mandat de l’OFSP, un groupe spécialisé a d’ailleurs élaboré un cadre général qui montre comment la planification anticipée concernant la santé peut être mise en place et qui comprend des définitions et des recommandations consolidées pour une application concrète dans les soins de santé en Suisse.

Développement des soins palliatifs
Une planification anticipée et une bonne coordination ont aussi un impact positif sur l’organisation de la fin de vie. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), environ 90 % des 80–84 ans vivent chez eux, seuls dans la moitié des cas. L’entrée en EMS n’intervient qu’à un âge avancé. La durée moyenne de séjour dans un établissement de soin – de l’entrée au décès – a ainsi diminué pour s’établir à un peu plus de deux ans. Alors que la plupart d’entre nous aimeraient mourir à la maison, pas moins de 80 % des décès ont lieu à l’hôpital ou en EMS. La part des décès en dehors du domicile augmente avec l’âge. Dans un rapport sur les soins palliatifs généraux, l’OFSP a notamment recommandé qu’une attention particulière soit accordée à ce groupe de patients gériatrique en matière de soins palliatifs.

Un livre blanc rédigé dans le cadre du Programme national de recherche sur la fin de vie (PNR 67) montre que les soins palliatifs sont à ce jour surtout destinés aux personnes atteintes d’un cancer à un stade avancé. En comparant les offres et infrastructures de soins palliatifs en Suisse romande, les auteurs du livre blanc ont par ailleurs constaté d’importantes différences entre les cantons. L’un des obstacles majeurs au développement des soins palliatifs reste l’absence de collaboration entre les professionnels qui assurent le traitement et l’accompagnement des patients en fin de vie. Cette coordination insuffisante de la prise en charge palliative peut non seulement entraîner des hospitalisations inappropriées, mais aussi engendrer de l’incertitude et de l’inquiétude chez les personnes concernées.

Brochure « Personnes très âgées et polymorbides »: www.publicationsfederales.admin.ch (article numéro 316.759)

Brochure « La planification anticipée concernant la santé »: www.publicationsfederales.admin.ch (article numéro 316.734)

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Lea von Wartburg
section Politique nationale de la santé

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